« Autour de nous, le monde change vite… »


Yannig Baron, Président d’honneur de Dihun nous avait prévenus. Dans le livret de présentation du colloque organisé à l’institut de Locarn, il rappelait que la pédagogie de l’enseignement des langues avait fait des progrès considérables… dans les pays voisins.

Plus de 110 personnes ont assisté les 12 et 13 juin à l’invitation de l’association Dihun au colloque « Quelle politique linguistique pour la Bretagne du 21e siècle ? ». Ils ont débattu d’une politique linguistique associant -­– selon les principes de l’enseignement précoce et intégré et de l’immersion linguistique – une langue locale (le breton ou le gallo), la langue de l’État (le français) et une langue internationale comme le recommande aujourd’hui l’Union européenne.

Tour à tour, Xaber Garragori et Itziar Elorza pour le Pays Basque, José maria Artigal pour la Catalogne, Gaëtan Duval et Anne-Marie Pelhate pour la Bretagne ont eu l’occasion de démontrer les bienfaits d’un enseignement multilingue axé sur les langues régionales, bienfaits corroborés par le résultat d’évaluations réalisés en Bretagne dans des écoles mettant en pratique le Plan Multilingue Breton.

Henriette Walter a dévoilé l’incroyable diversité des langues de l’Union Européenne et Gilbert Dalgalian a rendu accessible à tous les participants les dernières avancées de la science dans le domaine de la psycholinguistique.

Les nombreux débats – animés le samedi par Yann Rivallain et le dimanche par Lionel Buannic – ont donné à tous l’occasion de donner leur point de vue, des représentants du monde politique au rectorat par l’intermédiaire de l’inspecteur d’Académie.

Une table ronde a particulièrement retenu l’attention : celle réunissant les représentants des mondes économique et politique. Malo Bouëssel du Bourg pour Produit en Bretagne et Steven Guégueniat pour l’imprimerie Ouestélio ont donné leur point de vue sur la place grandissante du breton dans le monde de l’entreprise.

Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère qui est à l’initiative avec Marc le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, d’une proposition de loi sur les langues régionales (qui devrait être déposée sur le bureau de l’Assemblée au mois de septembre) a commenté non sans humour les enjeux de cette loi. Lena Louarn, vice-présidente de la nouvelle assemblée régionale et présidente de l’Office de la langue Bretonne a donné le point de vue de la Région et de son président http://kodu....ric-cialis.html. Naïg ar Gars et Herri Gourmelen pour l’UDB, Françoise Louarn pour l’UMP et Emile Granville pour le Parti Breton ont convenu que cette initiative inter-groupe qui rassemble l’ensemble des députés français soucieux du devenir des langues régionales représentait un pas important mais ils n’ont pas manqué de souligner qu’une cinquantaine de projets avaient été retoqués depuis la guerre…

Jean-Jacques Urvoas a reconnnu qu’il lui faudrait obtenir le soutien de ses « amis politiques » dont le président du groupe socialiste, un certain Jean-Marc Ayrault et le nouvel élu au conseil constitutionnel répondant au doux nom de Michel Charasse... Marc le Fur devra quant à lui convaincre Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, ce qui ne sera pas non plus une mince affaire. Tous ont regretté que suite au remaniement ministériel, le gouvernement n’ait pas tenu sa promesse, Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture ayant maintes fois réaffirmé son opposition à un projet de loi.

Françoise Louarn a regretté le manque d’implication des élus bretons, Naïg Ar Gars et Herri Gourmelen ont rappelé qu’il était possible de prendre des initiatives sans attendre que l’Etat s’aperçoive du retard pris par rapport à nos « partenaires européens ». Lena Louarn a promis que rapidement, Jean-Yves le Drian prendrait des initiatives en faveur des langues de Bretagne. Wait and see comme disent les petits chanceux qui ont la chance d’apprendre en anglais selon les principes du Plan Multilingue Breton… Enfin, Emile Granville a réfuté le terme de langue locale lui préférant celui de langue nationale. Il a également souligné le danger qui pesait sur les communes qui devaient supporter le poids financier des enfants venus des communes ne bénéficiant pas de structures bilingues.

En tant que Président du nouveau Conseil Culturel de Bretagne et de l’association Divyezh, Paul Molac a affirmé qu’il soutiendrait toutes les initiatives allant dans le bon sens. En particulier il nous a expliqué qu’il se préoccupait tout particulièrement de décisions actées mais non encore appliquées, faute de signature de certains départements.

En guise de conclusion et avant de nous présenter la nouvelle présidente de l’association, Chantal Clément, Yannig Baron a rappelé que le combat n’était pas gagné à cause du manque de bonne volonté tant du rectorat que de l’enseignement catholique. Il n’est pas normal que la création d’une filière bilingue relève encore aujourd’hui du parcours du combattant. Espérons que les démonstrations convaincantes du week-end contribueront enfin à faire bouger les lignes.

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